Tournairet - Brec d'Utelle, la faune remarquable

Le Massif du Tournairet et du Brec d'Utelle est une Zone Naturelle d'Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF) , un espace naturel inventorié en raison de son caractère remarquable. Y sont répertoriées, en ce qui concerne la faune, pas moins de :

  • 40 espèces animales patrimoniales, dont
  • 13 espèces déterminantes.

L‘herpétofaune

locale possède notamment l’illustre
  • Lézard ocellé, reptile remarquable d’affinité méditerranéenne des milieux ouverts, rocailleux et ensoleillés.
    Timon lepidus crédit : Haplochromis

Les Batraciens

sont représentés par
  • le Spélerpès brun, également appelé Hydromante, espèce remarquable peu abondante à répartition très localisée en région P.A.C.A., endémique franco-italien présent en France uniquement dans deux départements (Alpes-Maritimes essentiellement et Alpes de Haute-Provence), recherchant les milieux humides, frais et ombragés (forêts, grottes, cavernes, éboulis) entre 0 et 2 400 m. d’altitude.
    Hydromantes ambrosii

CC BY-SA 3.0 BennyTrapp

Le peuplement mammalogique est essentiellement caractérisé par la présence d’un cortège tout à fait intéressant de

chauves-souris

  • le Petit Rhinolophe, espèce remarquable en régression marquée, plutôt thermophile et anthropophile, préférant les milieux boisés clairs sur substrat calcaire qui alternent avec des espaces dégagés, assez rare en montagne mais présent jusqu’à 2 000 m. d’altitude,
    Rhinolophus_hipposideros
    Matthieu Gauvain CC BY-SA 3.0

  • le Vespère de Savi, espèce remarquable rupicole et montagnarde d’affinité méridionale, qui exploite d’une part les milieux forestiers (surtout ceux riverains de l’eau) pour la chasse et d’autre part les milieux rocheux (falaises) pour les gîtes, jusqu’à 2 400 m. d’altitude, le Vespertilion à oreilles échancrées, espèce cavernicole remarquable, commensale des rhinolophes, localisée et peu fréquente, thermophile et d’affinité méridionale, en régression en France, affectionnant les milieux boisés et buissonnants proches de cavités rocheuses, jusqu’à au moins 1 500 m. d’altitude,
    Vespère de Savi

© Michel Royon / Wikimedia Commons

  • le Vespertilion de Bechstein, espèce forestière déterminante, rare, d’affinité médioeuropéenne, considérée comme menacée, liée aux forêts de feuillus âgées, dotées d’un sous-bois dense et de ruisseaux et de mares,
    Myotis_bechsteinii

PLoS Computional Biology / Wikimedia Commons

  • la Noctule de Leisler, espèce remarquable arboricole et forestière, relativement fréquente, présente jusqu’à 2 200 m. d’altitude,

Nyctalus leisleri
Manuel Sánchez de Frutos GPL

  • le Molosse de Cestoni, espèce rupicole remarquable, rare, à effectifs faibles et donc vulnérable et en danger, thermophile d’affinité méditerranéenne, affectionnant les zones de collines et de montagnes avec falaises, ravins, grottes, constructions, ruines et murailles, jusqu’à 2 500 m. d’altitude,
    Tadarida teniotis

Emanuel Yellin CC BY 3.0

  • la Sérotine de Nilsson ou Sérotine boréale, espèce nordique déterminante, correspondant à la plus septentrionale des chauves-souris, rare et localisée en France et en région P.A.C.A. où elle se trouve en limite d’aire sud-occidentale de son aire de répartition, à effectifs faibles et en danger latent, vestige de la faune « froide » et relicte glaciaire, présente jusqu’à 2 300 m d’altitude en montagne (c’est la chauve-souris qui monte le plus haut en altitude), notamment dans les bois clairs riches en broussailles,
    Eptesicus nilssoni

Mnolf CC-BY-SA-3.0

  • la Barbastelle, espèce forestière remarquable, menacée et vulnérable, en régression, d’affinité médioeuropéenne, très résistante au froid, présente jusqu’à 2 000 m. d’altitude.
    Barbastella barbastellus

JeanRoulin CC BY-SA 3.0

On peut également remarquer la présence sur ce site de tout un cortège d’

espèces aviennes

nicheuses et estivantes de grand intérêt :

  • la Bondrée apivore, rapace forestier remarquable, d’affinité médioeuropéenne, recherchant les forêts claires de feuillus et les mosaïques de milieux boisés et de milieux ouverts,
    Pernis apivorus
    Andreas Trepte CC BY-SA 2.5

  • l'Aigle royal, prestigieux rapace diurne remarquable, actuellement en légère augmentation après avoir fortement régressé, occupant préférentiellement les régions accidentées avec zones rocheuses et étendues forestières,
    Aquila chrysaetos
    J. Glover CC BY-SA 2.0

  • le Circaète Jean-le-blanc, rapace remarquable d’affinité méridionale, au régime alimentaire ophiophage,
    Circaetus gallicus
    Orchi CC BY-SA 3.0

  • l'Autour des palombes, rapace forestier remarquable, d’affinité médioeuropéenne, affectionnant les grands massifs forestiers avec des clairières jusqu’à 2 000 m. d’altitude,
    Accipiter gentilis
    Norbert Kenntner GFDL

  • le Faucon pèlerin, rapace diurne rupicole déterminant, rare et localisé en France et en région P.A.C.A. mais en augmentation, nicheur certain localement (1 couple),
    Falco peregrinus
    Stefan Berndtsson CC BY 2.0

  • le Tétras lyre, espèce remarquable assez rare et en léger déclin, d’affinité montagnarde, typique des écotones entre forêts (lisières), prairies, pelouses et landes, entre 1 100 et 2 500 m. d’altitude,
    Tetrao tetrix
    Steve Garvie CC BY-SA 2.0

  • le Petit-duc scops, espèce remarquable d’affinité méridionale, en diminution aujourd’hui, présent jusqu’à 1 800 m. d’altitude,
    Otus scops
    Bohuš Číčel CC BY-SA 3.0

  • le Grand-duc d’Europe, espèce remarquable rupicole, qui se nourrit préférentiellement dans les terrains dégagés proches des falaises et autres escarpements rocheux où il niche généralement, jusqu’à 2 600 m. d’altitude,
    Bubo bubo
    Martin Mecnarowski CC BY-SA 3.0

  • la Chouette de Tengmalm, espèce boréo-alpine forestière et déterminante, des hêtraies, pessières, cembraies et mélézins, plutôt âgés, jusqu’à 2 300 m. d’altitude,
    Aegolius funereus
    Mdf CC BY-SA 3.0

  • la Chouette chevêchette ou Chevêchette d’Europe, espèce euro-sibérienne déterminante et rare de la taïga et des forêts claires et étendues de résineux dans les Alpes (mélézins, sapinières, pessières, cembraies), entre 1 000 et 2 400 m. d’altitude,
    Glaucidium passerinum
    Adam Kumiszcza CC BY-SA 3.0

  • la Chouette chevêche ou Chevêche d’Athéna, espèce remarquable de milieux semi-ouverts, d’affinité méridionale, en déclin général, présente jusqu’à 1 100 m. d’altitude,
    Athene noctua
    Andrew Butko CC BY-SA 3.0

  • le Torcol fourmilier, espèce forestière remarquable plutôt localisée et pas très fréquente en région P.A.C.A., des milieux boisés clairs à tendance xérothermique jusqu’à 1 400 m. d’altitude,
    Torcol fourmilier
    Carles Pastor CC BY-SA 3.0

  • le Pic épeichette, espèce forestière remarquable plutôt localisée et pas très fréquente en région P.A.C.A., liée aux forêts claires de feuillus caducifoliés jusqu’à 1 600 m. d’altitude, affectionnant en particulier les formations de ripisylves,
    Dendrocopos Major
    Sławomir Staszczuk CC BY-SA 3.0

  • le Cincle plongeur, espèce remarquable, liée aux cours d’eau froids, propres et bien oxygénés, à courant plutôt vif, entre 100 et 2 400 m. d’altitude,
    Cincle plongeur
    N p holmes CC BY-SA 3.0

  • la Pie-grièche écorcheur, espèce remarquable de passereau de milieux ouverts et semi-ouverts, en régression à l’heure actuelle, Tarin des aulnes, passereau remarquable, d’affinité montagnarde et nordique, nicheur possible localement, très sporadique et rare en région P.A.C.A., lié aux vieilles forêts claires de conifères (pessières surtout mais aussi sapinières et dans une moindre mesure les pinèdes), entre 1 000 et 2 000 m. d’altitude,
    Lanius collurio male
    Artur Mikołajewski CC BY 3.0

  • le Bruant fou, passereau remarquable d’affinité à la fois méridionale et montagnarde, propre aux milieux ouverts et rocailleux, secs et ensoleillés, de 300 à 2 600 m. d’altitude.
    Bruant fou
    Ján Svetlík CC BY-SA 2.0

  • Le Gypaète barbu, rapace diurne déterminant de répartition paléomontagnarde, réintroduit entre 1986 et 1994 dans les Alpes (dont le massif du Mercantour) après son extinction vers 1920, grand voilier au domaine vital très étendu, nichant dans les falaises, est signalé dans ce secteur.
    Gypaetus barbatus
    Richard Bartz CC BY-SA 2.5

Invertébrés patrimoniaux

espèces les plus intéressantes observées sur le site :
  • le Dolichopode d’Azam (Dolichopoda azami), espèce cavernicole déterminante et vulnérable d’Orthoptères Rhaphidophoridés, endémique franco-italien assez répandue d’affinité méridionale localisée en France à son quart sud-est (Isère, Drôme, Alpes de Haute-Provence, Hautes-Alpes, Var et Alpes-Maritimes), troglophile, hygrophile et lucifuge, liée aux grottes, aux galeries de mines, aux cavités sombres et humides, souterraines ou non, aux fentes des rochers, aux coins obscurs et humides des maisons,
    Dolichopoda azami
    Gilles San Martin CC BY-SA 2.0

  • l’Ephippigère terrestre (Ephippiger terrestris terrestris), espèce remarquable d’Orthoptères Tettigoniidés Ephippigérinés, localisée en France à la région provenço-alpine, où elle occupe préférentiellement les pâturages, alpages et pentes broussailleuses de l’étage montagnard entre 1 000 et 2 000 m. d’altitude,
    Ephippiger_terrestris
    fr.zil CC BY-SA 2.0

  • l’Azuré du Serpolet (Maculinea arion), papillon Lycénidé Polyommatiné vulnérable et déterminant, en régression, plutôt localisé, protégé au niveau européen (directive CEE « Habitats « ), menacé par la destruction de son habitat (les bois clairs et ensoleillés, les prairies, les zones buissonneuses et les friches sèches à Serpolet, notamment sur substrat calcaire, de 0 à 1 800 m. d’altitude),
    Maculinea arion
    PJC&Co CC BY-SA 3.0

  • l’Hespérie de l’Epiaire ou Hespérie de la Lavatère (Carcharodus lavatherae), espèce remarquable dite « sensible » de papillon Hespériidés Pyrginés, d’affinité méridionale, rare et localisée, des garrigues, pentes ensoleillées et coteaux fleuris et secs sur substrat calcaire, notamment dans les régions accidentées jusqu’à 1 600 m. d’altitude,
    Carcharodus lavatherae
    Joan Carles Hinojosa Galisteo CC BY-SA 3.0

  • l’Apollon (Parnassius apollo provincialis), espèce alpine remarquable et en régression de Lépidoptères Papilionidés, relicte de l’ère tertiaire, protégée au niveau européen, habitant les rocailles, pelouses et éboulis à Crassulacées et Saxifragacées des étages montagnard à alpin, entre 300 et 2 500 m d’altitude,
    Parnassius (Parnassius) apollo provincialis KHEIL, 1905, femelle
    Photo : J.-M. Gayman

  • le Semi-Apollon (Parnassius mnemosyne), espèce déterminante dite « vulnérable » de Lépidoptères Papilionidés, protégée au niveau européen, à la répartion fragmentée et assez localisée, dont la chenille vit sur la Corydale solide (Corydalis solida), que l’on rencontre dans les clairières et lisières de bois, entre 500 et 2 200 m. d’altitude,
    Parnassius mnemosyne
    Harald Süpfle CC BY-SA 3.0

  • l’Alexanor (Papilio alexanor), espèce déterminante et vulnérable de Lépidoptères Papilionidés, peu abondante, d’affinité méditerranéo-montagnarde et propre aux régions accidentées et ensoleillées jusqu’à 1 700 m. d’altitude, qui est en limite d’aire en région P.A.C.A.,
    Papilio alexanor
    Albert Vliegenthart — C. Van Swaay et al. CC BY 3.0

  • l’Écaille chinée (Euplagia quadripunctaria), espèce remarquable de Lépidoptères Arctiidés, d’affinité méridionale, protégée au niveau européen, des bois clairs et lieux chauds, ensoleillés et rocailleux sur substrat calcaire, souvent à proximité de l’eau,
    Euplagia quadripunctaria
    P ev CC BY-SA 3.0

  • le Ptérophore Oxyptilus lantoscanus, papillon Ptérophoridé déterminant correspondant à une espèce dite « sensible »,
    Oxyptilus laetus
    © michel_kettner/Oxyptilus_laetus.jpg

  • le Saphane de Truqui (Drymochares truquii), espèce déterminante dite « vulnérable » de Coléoptères Cérambycidés Aséminés, rare et localisée, correspondant à un endémique franco-italien se rencontrant en France uniquement dans les départements des Alpes-Maritimes, des Alpes de Haute-Provence et des Hautes-Alpes, dans les aulnaies, les ostryaies et les forêts riches en noisetiers,
    Drymochares_truquii
    DR

  • le Carabe de Solier (Carabus (Chrysocarabus) solieri), espèce déterminante dite « vulnérable » de Coléoptères Carabidés, très localisée et en régression marquée, endémique de Provence, du sud-ouest des Alpes et de Ligurie (endémique franco-italien), recherchant les hêtraies, chênaies, châtaigneraies et pinèdes humides, notamment en terrain argilo-siliceux, recouvert d’une épaisse couche de feuilles mortes et d’humus, les éboulis et les pierriers entre 100 et 2 500 m. d’altitude,
    Carabus solieri
    Hectonichus CC BY-SA 3.0

  • le Cloporte Porcellio dilatatus bonadonai, sous-espèce remarquable de Crustacés Isopodes Porcellionidés, troglophile, localisée aux départements du Var et des Alpes-Maritimes.
    Porcellio dilatatus
    Arp CC BY 3.0

source : znieff 930012649 commentaires